Derrière les tournois et les classements : le travail souvent méconnu des bénévoles de l’ASPS

Vu de l’extérieur, l’Association Sportive Padel Sénégal (ASPS) peut parfois sembler difficile à appréhender pour une partie de la communauté. Peu de communication, peu de prises de parole publiques, peu de visibilité sur le fonctionnement interne : certains joueurs ou observateurs peuvent avoir le sentiment d’une structure fermée ou éloignée du grand public.
La réalité est toutefois plus nuancée.
Derrière les tableaux de tournois, les classements, les sélections nationales et les compétitions internationales, se cache un travail important, souvent peu visible, porté par quelques bénévoles passionnés qui consacrent une partie conséquente de leur temps personnel au développement du padel au Sénégal.
À quelques semaines du premier FIP organisé au Sénégal, le président de l’ASPS, Karim Karrit, jongle quotidiennement entre plusieurs dossiers majeurs.
« Nous sommes submergés »
“Je suis extrêmement pris. Entre mon boulot et la gestion de l’association de padel, je n’ai pas une minute pour moi. C’est usant… très usant, mais je me bats, par passion pour le sport.”
En parallèle de son activité professionnelle, son quotidien de ces dernières semaines est rythmé par :
l’organisation du FIP Bronze Dakar,
la Coupe d’Afrique junior,
la gestion quotidienne de l’ASPS,
les relations avec les sponsors,
les sélections nationales,
les échanges avec la FIP et les fédérations étrangères,
les relations avec les clubs affiliés,
et l’ensemble du suivi administratif lié au développement du padel sénégalais.
“Là je gère le FIP et la Coupe d’Afrique junior en même temps… en plus de mon travail.”
Son emploi du temps ressemble à une succession permanente de réunions, d’appels et de tâches logistiques.
“Ce matin, j’ai un rendez-vous à La Griffe pour la décoration du club en prévision du FIP. Puis passer au club pour en discuter avec le staff. Ensuite, j’ai un call avec le président de la fédération égyptienne concernant la Coupe d’Afrique junior qui se jouera prochainement au Caire. Après ça, je dois appeler l’agence de voyage pour gérer les billets d’avion de la sélection junior. Dans l’après-midi, il faut encore que je retravaille ma présentation du FIP que je dois présenter demain matin à une banque potentiellement intéressée pour sponsoriser le tournoi. Et en parallèle, il faut gérer les entraînements des jeunes, préparer l’annonce officielle de la sélection junior prévue demain, échanger avec certains clubs sur les projets à venir et suivre le tournoi local de ce week-end à Casa Padel, les tableaux… Franchement, je gère trop de choses en même temps”, décrit-il.
“On peut penser que tout cela ne devrait pas forcément relever du quotidien d’un président de fédération ou d’association, qui devrait davantage prendre de la hauteur et pouvoir déléguer ces tâches à des équipes dédiées. Mais aujourd’hui, nous n’avons malheureusement ni les moyens humains ni les moyens financiers permettant une telle organisation, donc pour l’instant nous faisons tout nous-mêmes”, ajoute Karim Karrit.
Et une fois le FIP et la Coupe d’Afrique junior terminés, le travail continuera immédiatement avec les prochaines échéances internationales, notamment les qualifications pour la Coupe du monde senior de padel prévues en fin d’année.
Une organisation qui fonctionne toute l’année
Derrière le circuit local ASPS et les tournois organisés par les clubs affiliés à Dakar et à Saly, il existe déjà une quantité de travail que beaucoup de joueurs ne perçoivent pas forcément.
Chaque semaine, les membres de l’ASPS doivent notamment :
vérifier la conformité des tournois organisés par les clubs affiliés,
contrôler les tableaux,
vérifier les poids de paire,
s’assurer du respect des catégories et des règlements,
gérer les wild cards,
traiter les litiges,
mettre à jour le classement,
mettre à jour le calendrier,
réfléchir à l’organisation du calendrier sportif,
adapter le guide de compétition,
organiser les réunions disciplinaires,
gérer les éventuelles sanctions,
répondre aux demandes des clubs,
et assurer le suivi administratif général.
Et tout cela est réalisé bénévolement.
Une structure encore en construction
L’ASPS fonctionne aujourd’hui avec des moyens humains et financiers limités.
Il n’existe pas encore de personnel salarié à plein temps dédié à :
la communication,
l’administration,
la gestion sportive,
le suivi des clubs,
la logistique,
les relations médias,
les relations internationales,
ou encore la recherche de sponsors.
Dans ces conditions, les membres de l’association doivent gérer eux-mêmes la majorité des sujets, souvent après leur journée de travail ou tard le soir.
Cette réalité peut aussi expliquer certaines difficultés de communication ou un manque de visibilité sur le fonctionnement interne de l’association. Plus qu’une volonté d’opacité, cela reflète surtout les contraintes d’une structure encore jeune, dans un sport en plein développement au Sénégal.
Une implication bénévole
Les membres de l’ASPS ne perçoivent pas de rémunération pour leur engagement associatif. Cette implication demande du temps, de l’énergie et parfois des sacrifices personnels importants.
Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Avant Karim Karrit, d’autres acteurs ont eux aussi largement contribué au développement du padel sénégalais, à l’image de l’ancien président Rouda Farhat, qui a lui aussi grandement participé à la structuration du sport ces dernières années.
Le rôle important de la communication
Le principal reproche adressé à l’ASPS reste souvent le manque de communication, un constat régulièrement évoqué au sein de la communauté padel.
Mais dans une structure encore en construction, avec peu de ressources humaines et de nombreux sujets à gérer simultanément, il reste difficile d’assurer une communication exhaustive et continue sur tous les dossiers.
Dans ce contexte, les médias spécialisés ont également un rôle important à jouer pour rapprocher davantage la communauté des instances du padel sénégalais.
En tant que média dédié au padel sénégalais, Padel Magazine peut contribuer à relayer les informations, expliquer le fonctionnement des structures locales, mettre en lumière le travail effectué en coulisses et accompagner la croissance du padel au Sénégal.
Car derrière chaque tournoi, chaque classement, chaque sélection nationale ou chaque événement international, il existe aujourd’hui au Sénégal un travail quotidien important, porté par quelques passionnés qui œuvrent, souvent discrètement, au développement de leur sport.





